Esch2022 entretient le mystère

Les organisateurs d’Esch 2022 capitale européenne de la culture ont reçu 573 propositions de projets depuis un appel à soumissions lancé en décembre dernier. Toutes ont été étudiées par le comité de lecture de l’organisation qui a donné son accord de principe à 31 d’entre elles. Les contrats devraient être signés en septembre. 176 restent en discussion, donc perfectibles, et les décisions autour de quinze projets ont été ajournées en attente d’informations supplémentaires à leur sujet. Neuf autres projets ont été retirés par leurs concepteurs eux-mêmes.
Quant aux projets refusés par le comité de lecture qui s’est réuni à onze reprises, «ils ne suffisent pas aux critères centraux d’une capitale européenne de la culture tels que l’esprit d’innovation, l’approche participative, la dimension européenne ou l’impact durable» . Le thème de l’évènement est «Remix», car «nous expérimentons et vivons un mélange ainsi qu’une réorganisation, un remix d’ancien et de neuf, de nature et d’architecture, une société plurielle avec un avenir commun».Nancy Braun, la directrice générale, avance avec confiance et optimisme malgré la crise.

Le 20 février dernier, l’association en charge de cet énorme évènement qui implique la Ville d’Esch-sur-Alzette, dix communes luxembourgeoises de l’association Pro-Sud et huit communes françaises de la communauté de communes CCPHVA (Pays Haut Val d’Alzette), invitait la presse et quelques privilégiés à découvrir son âme. Jugé trop abstrait et trop mystérieux, il semblerait que le projet de capitale européenne prenne désormais corps malgré le secret qui règne toujours autour des projets qui seront présentés au public. Ainsi, si on a appris jeudi matin lors d’une vidéoconférence que les projets soumis (aussi bien par les institutions culturelles nationales que par des associations locales) étaient divers et variés, ainsi que de différents ordres de grandeur pour former un programme équilibré impliquant les citoyens à tous les niveaux, le mystère plane quant à leur contenu. Plutôt qu’une courte présentation sur un communiqué de presse, l’organisation d’Esch2022 préfère faire découvrir les projets retenus dans leur totalité et pas leurs auteurs euxmêmes à une date prochaine. Sans doute le 2 juin, si la situation de la pandémie le permet. Le même jour, Esch2022 publiera également sa première Newsletter.
Le coronavirus ne semble pas avoir freiné les organisateurs dans leur démarche. Mieux : «Terminer la lecture et l’analyse des projets était notre priorité. Grâce au rythme soutenu que nous avons pu mener, nous avons même réussi à gagner un peu de temps par rapport à notre calendrier initial» , explique Françoise Poos, la directrice du programme culturel. Pourtant, si la pandémie ne remet pas en question Esch2022, il en pose de nombreuses. Notamment en matière de rassemblements et de financement. «Nous voulons rester optimistes et prendre la situation en considération sans nous imposer de limites. Cette crise est aussi une opportunité pour nous poser des questions et réfléchir encore plus à la société que nous voulons construire ensemble» , assure Nancy Braun, la directrice générale d’Esch2022. «Nous ne savons pas encore quelle sera la situation en 2022.»

Soutien au financement

 
Toute l’équipe de l’association est à pied d’œuvre pour organiser Esch2022 dans les moindres détails. Les idées fourmillent notamment en matière de sponsoring. Esch2022 ne financera les projets portés par les partenaires extérieurs qu’à 50 % maximum. D’autres formes de financement ont donc été trouvées.
«Notre offre de sponsoring rapproche les entreprises et les donateurs de nouveaux partenaires créatifs, explique Nancy Braun, la directrice générale de l’association.
Les mondes culturel et économique peuvent ainsi préserver le patrimoine de la région et le rendre à nouveau accessible, participer activement à la construction d’un avenir écologiquement et économiquement durable et promouvoir un meilleur vivre ensemble et, pour finir, positionner Eschsur-Alzette et les communes pour l’après-2022.»
La recherche de sponsors se déroulera en trois étapes. Pour commencer, au début de l’été, une plateforme dite de «matchmaking» sera lancée. Porteurs de projets et partenaires potentiels pourront se rencontrer. Autres instruments créés, les webinaires : les porteurs de projet seront accompagnés et conseillés dans la création de leur dossier de sponsoring, avant de pouvoir entamer un échange direct et concret avec des sponsors potentiels. L’ensemble du processus devrait être achevé au début de l’automne.
Après un bruyant faux départ, Esch2022 semble parti sur de bons rails. On a hâte d’en découvrir davantage sur ce qui se trame en public.