Die Pragmatikerin

INTERVIEW: Anne Schaaf & Jeff Schinker im Gespräch mit der neuen Kulturministerin Sam Tanson. Tageblatt vom 8. Januar 2019.

Sie hat Großes vor, lässt sich jedoch nicht zu überschwänglichen Aussagen verleiten. Sam Tanson steht mit beiden Füßen auf dem Boden und lässt Vorsicht walten. Auch gegenüber neugierigen Journalisten. Wir haben uns trotzdem mit der neuen Kulturministerin über die „Gouvernance“, neue Räumlichkeiten, die Aufbesserung der wirtschaftlichen Situation der Kulturschaffenden und die Umstrukturierung ihres Ministeriums unterhalten.

Koalitionsvertrag auf dem Seziertisch

ANALYSE
Sag, wie hältst du’s mit der Kultur?

Anne Schaaf, Tageblatt, 20. Dezember 2018

Kulturelle Spielräume
KOMMENTAR Worte und Taten, Anne Schaaf, Tageblatt

Die neue Kulturministerin Sam Tanson war bei den Verhandlungen zum kulturellen Teil des Koalitionsvertrags dabei. Der offenkundig kulturinteressierten, sich öffentlich zur Lesefreude bekennenden Ex-Journalistin wird es also nicht wie Schuppen von den Augen gefallen sein, als sie den fertigen Vertrag in Händen hielt.
Kritiker aus gut informierten Kreisen betonen, dass es bei der vorherigen, nicht primär für ihre Affinität zu Kultur bekannten Kulturministerin genau andersherum gewesen sei. Letztere hätte allerdings ein besser ausgearbeitetes Dokument bei ihrem Start ins Amt zurate ziehen können, als dies nun bei Tanson der Fall sei, heißt es weiter.
Einerseits sorgt es für Verwunderung oder gar Unverständnis, dass mit Tanson an der Seite ein derart vages Dokument zustande kam. Andererseits hat sie mit Jo Kox als „premier conseiller” jetzt aber jemanden, der wie sie Kultur nicht nur vom Hörensagen und den Kulturentwicklungsplan in- und auswendig kennt.
So bleibt zu hoffen, dass die neue Kulturministerin und ihr Team die sich gegebenen extremen Spielräume sinnvoll zu nutzen wissen und bei der praktischen Umsetzung mehr Präzision an den Tag legen werden, als dem – auf Luxemburgisch würde man sagen „blatzegen“ – Koalitionsvertrag entnommen werden kann.

Donner le la

Luxemburger Wort

Éditorial de Marc Thill du 2 octobre 2018.

«Espérons que le prochain ministre de la Culture indique le cap avec force.»

En dernière ligne droite avant les élections, le ministère de la Culture a pu présenter son «Kulturentwicklungsplan», un travail réalisé par l’infatigable conseiller du ministère Jo Kox, une feuille de route au service du prochain gouvernement. Ce plan pourra remédier à une politique culturelle qui les cinq dernières années est malheureusement restée fragmentée et fragmentaire. Certes, il y a eu des esquisses d’actions – pourtant on n’a jamais senti que ce gouvernement était porté par un souffle, une volonté et par une détermination comme cela a pu être le cas à d’autres époques et surtout dans d’autres pays.

Rappelons qu’en France, à l’époque du président Mitterrand, la culture faisait pleinement partie de la vie. L’art se trouvait au cœur même de la société, et même au moment de graves crises économiques, l’austérité ne s’est jamais fait ressentir au ministère de la culture de l’époque.

Au Luxembourg par contre, la première locataire du «Bâtiment Terres Rouges» du quinquennat Bettel, la ministre de la Culture Maggy Nagel, n’a à aucun moment hésité à raboter le budget de la culture sous prétexte de caisses d’Etat vides. Sans doute n’avait-elle pas lu le discours de Victor Hugo devant l’Assemblée nationale, qui, en 1848, faisait savoir aux élus français que la richesse d’un peuple se fonde sur sa richesse de l’esprit et de l’âme. D’ailleurs, Madame Nagel ne se rappelait non plus cette belle réplique de Winston Churchill à qui on avait demandé de couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre et dont la réponse fut sèche: «Alors, pourquoi nous battons-nous?».

«La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert», disait André Malraux, ministre de la Culture sous le Général De Gaulle, et en effet, la culture mérite son combat, elle est plus qu’un simple «soft- power», plus qu’un minable décor artistique pour faire tourner la machinerie du «nation branding». Au Luxembourg, c’est justement cela: le Mudam comme lieu branché des milieux financiers pour présenter leurs agences de l’espace et autres structures opaques de la haute finance.

Espérons que le prochain ministre de la Culture puisse de nouveau donner le la à une culture qui touche tout le monde et qu’il indique avec force le cap, avec détermination et surtout avec enthousiasme. Car justement, le dernier gouvernement a manqué d’enthousiasme et de persévérance en se cachant derrière les rouages de la politique européenne pour ne pas faire appliquer une TVA à taux réduit sur les prestations culturelles. Mais enfin, que l’Etat devienne de nouveau l’Etat, et que la puissance publique s’exprime avec force! Dans beaucoup de domaines, pas seulement dans la culture, on voit à quel point l’esprit de service public s’érode. Le gouvernement, par sa politique, a imposé son système «bottom up», une stratégie néolibérale qui veut qu’avant toute décision le peuple se manifeste lui-même – en d’autres mots «débrouille-toi tout seul».

Dernier point: Ce ne sont pas les banques et les fiduciaires qui font la seule richesse de notre pays, ce sont aussi les artistes. Ce sont eux qui font notre fierté, ici et à l’étranger. Il est donc essentiel d’être à l’écoute des professionnels de l’art et de la culture. Et si la culture nous fonde, c’est aussi elle qui peut nous séparer, donc évitons les fractures culturelles. On dit que l’homme est culture. C’est vrai, c’est son seul moteur depuis la nuit des temps. On l’oublie trop souvent.